C'est l'hiver. Et il neige un peu partout. Tout cela semble assez normal. Pourtant, comme tous les ans, on entend des personnes bloquées sur les routes, en colère, furieuses, de préférence contre les autorités qui n'ont pas su garantir la « roulabilité » des axes de circulation.
Et qu'auraient pu ou du faire les préfets? La plupart des départements de France ne sont pas équipés pour faire face à ce genre d'épisode exceptionnels. Et c'est bien normal: quand il neige en moyenne moins d'un jour par an, ce qui est le cas dans nombre de départements touchés aujourd'hui, investir dans une flotte de véhicules de déneigement serait aussi ruineux qu'inutile. Alors laisser rouler? Bloquer la circulation? Dans un cas comme dans l'autre, la solution fait des mécontents. Et Dieu merci, on n'empêche pas la neige de tomber par arrêté préfectoral!
A l'heure où l'on parle de réchauffement de la planète, où l'on se plaint sans arrêt que « vraiment, ma bonne dame, y'a plus de saison », où l'on veut plus que jamais tout contrôler et où l'on ne laisse pas la moindre place à l'imprévu, la nature se rappelle à notre bon souvenir. C'est plutôt rassurant.
Pendant 24 ou 48 heures, le pays va vivre au ralenti, et des étoiles vont briller dans les yeux des enfants. Et si on les laissait scintiller dans nos yeux également? Et si on se laissait émerveiller par le spectacle de la nature?
C'est bien naïf, je le sais. Et il est sûrement plus facile de dire cela quand on n'est pas soit même bloqué sur la route. Mais en cette période de Noël, je rêve que l'on regarde tout ce qu'il y a de beau et de bon autour de nous plutôt que de râler éternellement et d'en vouloir au monde entier.
Tribune parue au nom de la majorité municipale dans le « Plouzané Magazine » de décembre 2005
Lors de sa dernière séance, le 12 décembre, le conseil municipal a approuvé le nouveau « Contrat enfance » que la commune va signer avec la Caisse d' Allocations Familiale (CAF). Ce contrat définit un certain nombre d'objectifs que la commune se donne en matière de petite enfance et les financements que la CAF peut apporter pour y contribuer.
Ce contrat concerne l'ensemble des prestations de la commune en direction des 0-6 ans, hors temps scolaire. Mais les principaux points de ce contrat portent sur la garde des plus petits, qui peut poser problème aux parents, notamment lorsque l'un et l'autre travaillent.
Congé parental, appel aux grands parents, assistantes maternelles, crèche. C'est en permettant aux parents de choisir librement le mode de garde qui leur convient le mieux, que la France réussit à garder une démographie dynamique.
A Plouzané, commune jeune où les naissances sont nombreuses (plus d'une centaine par an), la halte garderie et un réseau dense d'assistantes maternelles ont permis, jusqu'à présent, de répondre à la demande des parents. Mais de plus en plus, le besoin d'une crèche se fait sentir.
Pour répondre à cette attente, la municipalité, en partenariat avec des entreprises de la commune, envisage la création d'une crèche multi-partenaires. Cette crèche, gérée sous forme associative, serait à la fois crèche d'entreprises et crèche municipale. En effet, une partie des quarante cinq places prévues serait réservée aux enfants du personnel des entreprises partenaires, les autres étant réservées aux petits plouzanéens. Le financement de la crèche reposera ensuite sur la participation parentale (tarifs CAF), les aides directes de la CAF et la participation de la communes et des entreprises partenaires.
Cette solution permettra à la commune de se doter d'un équipement indispensable mais qui, financé uniquement par la mairie aurait pesé trop lourdement sur les finances municipales.
En complément de cette mesure, et pour conforter le réseau d'assistantes maternelles, un RAM (relais d'assistantes maternelles) sera mis en place au centre social. Un agent municipal y assurera, plusieurs jours par semaine, le conseil des parents et le suivi des assistantes maternelles. C'est un élément essentiel pour assurer la solidité et la rigueur d'un réseau d'assistance maternelles.
Une crèche, un RAM: la municipalité entend ne pas privilégier une solution aux détriments des autres car nous sommes convaincus que surtout en matière de garde d'enfants, une offre variée est indispensable à l'attractivité et au dynamisme de la commune.
Racines chrétiennes, Austerlitz, colonisation: l'actualité récente a mis en lumière plusieurs épisodes de notre histoire que la République semble avoir quelques difficultés à intégrer. Entre histoire officielle et refus de l'histoire, certains adoptent des attitudes assez ambiguës.
Quand le Président de la République, en dépit de toute évidence, refuse que soit inscrit, dans le préambule de la Constitution Européenne, que l'Europe a des "racines chrétiennes", quand le même, après avoir autorisé le "Charles de Gaulle" à participer aux commémorations de Trafalgar s'oppose à ce que la victoire d'Austerlitz soit célébrée, quand des députés ne trouvent rien de plus malin que d'inscrire dans le marbre de la loi une "histoire officielle" de notre pays, on comprend le désarroi de la nation.
Comment en effet, demander à des jeunes, pour certains issus de l'immigration, de s'intégrer à la "communauté nationale" si celui qui préside aux destinées de la nation n'est pas lui même capable d'assumer cette histoire?
L'Histoire de France, comme toute histoire, comporte ses heures glorieuses, et ses pages plus ternes. Napoléon, qu'on le veuille ou non est une des grandes figures de l'histoire de France. Il n'est certes pas sans défauts, mais nul ne peut nier tout ce qu'on lui doit sur le plan administratif, judiciaire, militaire... La victoire d'Austerlitz est un des points culminants de ce génie. La célébrer n'aurait pas été un signe d'arrogance ou de nationalisme. Simplement la reconnaissance d'une grande page de l'histoire.
La colonisation est un sujet éminemment délicat. Elle ne peut être valablement jugée avec les critères d'aujourd'hui. A la fin du XIXème siècle, l'ensemble des responsables français, quelles que soient leurs opinions, voyaient positivement une colonisation qui permettaient d'apporter la « civilisation » aux peuplades « sauvages ». On voit aujourd'hui que l'Afrique est en panne. La faute à la colonisation? A la décolonisation? On ne refera pas l'histoire, et nul ne peut dire si, sans la colonisation, la situation y serait meilleure ou pire.
Il est donc idiot de vouloir qualifier l'histoire, que ce soit de « positive » ou de « négative ». Il faut l'assumer, car la nier nourrit les frustrations et le nationalisme revanchard, et l'ignorer ne suffit pas à éviter de reproduire les erreurs du passé. Mais surtout, plus que d'ergoter sur le passé, il faut préparer l'avenir et, en s'appuyant sur un héritage historique reconnu, essayer de bâtir un monde meilleur. Vaste programme...
La justice s'est trompée pendant plusieurs années dans ce que l'on appelle « l'affaire d'Outreau ». Aujourd'hui, c'est clair. On crie au scandale, on dit que tout ceci aurait du être évité. Certes, mais rappelons nous l'émotion dans le pays à la révélation des faits, la pression et la surenchère exercée par les médias. L'affaire Dutroux, en Belgique, n'était pas si loin... Et qu'aurions nous dit si il y avait véritablement eu un réseau pédophile et si, trois ans plus tard, on avait découvert que des pervers avaient continué à violer des enfants en toute impunité?
Il est impossible d'éviter toute erreur judiciaire. Soit les critères d'investigation sont très stricts, et l'on n'arrêtera en effet que des criminels avérés, mais dans ce cas, on n' arrêtera que les criminels les plus évidents, laissant en liberté tous ceux pour lesquels il subsiste un doute. Soit ces critères sont beaucoup plus ouverts, et l'on mettra en cause tous les criminels (ou presque) mais également un certain nombre d'innocents. La problématique est connue, et mathématiquement décrite par la « théorie de la détection » que l'on applique pour tous les systèmes de détection, quels qu'ils soient. On parle alors de « non détection » lorsqu'on passe à coté d'un événement recherché et de « fausse alarme » si l'on détecte indûment un événement. Et l'on sait qu'en diminuant la probabilité de l'une, on augmente la probabilité de l'autre, et inversement, mais qu'on ne peut réduire en même temps l'une et l'autre.
Il faut donc se demander où fixer le curseur, le « seuil de détection ». Il faut se demander, pour l'ensemble des procédures judiciaires, et notamment pour ces affaires de pédophilie, si l'on préfère avoir des innocents en prisons ou des criminels en liberté; ou encore, si l'on privilégie le droit des victimes ou celui des accusés, car c'est bien de cela qu'il s'agit. Dans cette affaire, c'est le droit des « victimes » à être protégées qui a été privilégié. C'est probablement une bonne chose. Malheureusement, le mensonge n'était pas là où on le cherchait...
Alors, pour résumer, que constate t'on? Des accusations très graves de pédophilie sont lancées. Des personnes mises en causes. Elles ont été arrêtées, et emprisonnées. Les procès, quelques années plus tard (et le scandale est peut être là, dans la durée de la procédure) ont permis de faire éclater la vérité, de condamner les coupables et de libérer les innocents qui seront indemnisés, même si cela n'effacera pas la profonde blessure laissée au plus profond d'eux même. La justice, consciente d'une lourde erreur, ouvre des enquêtes qui permettront de comprendre et de corriger certains dysfonctionnements.
Erreur il y a eu. L'avenir dira si des sanctions sont justifiées. Mais je trouve (peut être suis-je le seul à le penser), que la justice ne se sort pas si mal de cette pénible affaire et que le « naufrage judiciaire » évoqué cette semaine en aurait été un si de véritables criminels avaient continué à nuire, ou que des innocents avaient été définitivement condamnés. Ce n'est, au final, pas le cas...


