Hier, l'Association finistérienne des conseils d'enfants et de jeunes (AFICEJ) organisait sa « journée de formation » annuelle. Tous les ans, cette rencontre permet aux élus et bénévoles qui suivent un conseil municipal d'enfants (CME) ou de jeunes (CMJ) dans le département de se retrouver pour partager leurs expériences. Cette année, comme tous les ans, cette rencontre fut riche en enseignements.
Ainsi, une nouvelle fois, nous avons pu nous réjouir de la création de nouveaux conseils. C'est le cas cette année à Plonéour-Lanvern notamment: oui, les conseils municipaux d'enfants ou de jeunes sont toujours des initiatives intéressantes autour desquelles des équipes municipales se mobilisent.
Mais cette année aussi, certaines communes, que nous retrouvions régulièrement aux rencontre de l'AFICEJ, ne sont pas venues. Problème d'emploi du temps ou réelle difficulté du conseil? Il est trop tôt pour conclure, mais un CME ou un CMJ reste une structure fragile qui ne repose bien souvent que sur le dynamisme d'un ou deux élus adultes. Et plusieurs exemples, ces dernières années, peuvent conduire à un certain pessimisme
C'est là aussi une des missions de l'AFICEJ: conforter les acteurs des conseils, et parfois les aider à surmonter des difficultés. Car les évènements récents nous l'ont montré: il faut être vigilant, et veiller à donner aux enfants de nos communes le goût de l'engagement et des valeurs démocratiques. Les CME/CMJ sont des instruments précieux pour former les citoyens de demain. Leur déclin serait un signe très négatif pour l'avenir de notre société.
Aujourd'hui, 11 novembre, je ne suis pas allé travailler, et je n'en ai pas profité pour aller faire mes courses ...
Aujourd'hui, 11 novembre, comme beaucoup de Français, je me suis souvenu de l'horreur que fut la première guerre mondiale, des centaines de milliers de jeunes gens qui sont tombés pour nous et pour notre liberté;
Aujourd'hui, 11 novembre, j'ai gouté au plaisir d'appartenir à une nation libre et en paix;
Parce que ce jour n'est pas un jour comme les autres, le vivre comme les autres, c'est nier ce qu'il est et les valeurs qu'il porte.
Faire travailler certains, ou s'en rendre complice en se ruant dans les supermarchés, c'est dire que ce jour est comme les autres, c'est casser l'idée du souvenir collectif, du souvenir national.
Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose... Et je crois que le "devoir de mémoire" mérite mieux que ça!
Chaque nuit depuis plus d'une semaine, nous amène son lot de feux, de destructions, de tirs sur les forces de l'ordre... Et le phénomène se répand comme une traînée de poudre. Partie de Clichy, cette violence s'est propagée à toute la région parisienne puis aux villes de provinces.
Jeux, comme on l'entend parfois? Compétition entre cités? Jeunesse manipulée par tout ce que la cité compte de caïds, de trafiquants en tous genre et d'imams radicaux qui cherchent à déstabiliser l'État? Je ne sais pas quelle est, quels sont les véritables moteurs de ces événements, même si la dernière hypothèse me semble assez vraisemblable. La seule chose dont je suis sûr c'est qu'à 12, 13, 14, 15 ans, les jeunes n'agissent pas par idéologie.
Alors maintenant, que peut-on faire? Rester ferme bien sûr. Je ne suis pas sarkosyste, mais en ce moment, je n'espère qu'une chose: qu'il ne soit pas victime de la vindicte de la rue et que le gouvernement ne faiblisse dans sa volonté de rétablir l'ordre dans les banlieues.
Ensuite, quand le climat se sera apaisé, il faudra soigner les causes les plus profondes. Il faudra répéter que ces actes sont ceux d'une toute petite minorité, de quelques centaines d'individus dans des cités qui comptent des dizaines de milliers d'habitants qui ne sont pas les coupables, mais les premières victimes.
Il faudra veiller à ce que non seulement les discriminations dont ils sont déjà victimes ne soient pas accentuées par ces évènements, mais tout mettre en oeuvre pour parvenir à une véritable égalité des chances, sur l'ensemble du territoire. Les déclarations du Premier Ministre, ce soir, vont dans le bon sens.
Enfin, il faudra s'occuper de restaurer dans les esprit un certain nombre de valeurs, qui sont les fondements de notre République. Il faut proposer à ces jeunes désorientés des repères. Et pour cela, il faut redire quelles sont ces valeurs qui caractérisent et qui font la force de notre société.
Ce sont bien sûr les « Liberté, Égalité, Fraternité » des frontons de nos monuments. C'est aussi le respect de chacun: des vieux, des jeunes, des femmes, des représentants de l'état... C'est la laïcité, non pas dans un sens anticlérical, mais dans celui d'une tolérance mutuelle. C'est le travail, la propriété privée, la démocratie qui permettent à chacun de tenir sa place dans la société, d'en jouir, et de prendre part au gouvernement de la cité ou du pays.
Car, aussi indispensable qu'ils soient, tous les efforts en matière de logement, d'éducation et d'emploi seront vain s'ils ne s'appuient sur des fondations solides.
Alors que la situation s'envenime, on peut se demander si les réponses entendues depuis le début de cette triste affaire ont été les bonnes.
Deux jeunes fuyant, probablement, un contrôle d'identité, se réfugient dans un transformateur EDF et meurent électrocutés. L'affaire est tragique, ces morts absolument regrettables.
Mais...
_ est-il normal, dans un état de droit, de fuir un contrôle de police? NON
_ est-il normal, quelque soit les conditions, d'entrer par effraction dans une enceinte très protégée et dont le caractère dangereux est clairement indiqué? NON
_ est-il normal, dans ces circonstances, d'en vouloir à un État qui aurait poussé ces jeunes vers la mort? BIEN SUR QUE NON!
_ est-il légitime dans ce contexte, de vouloir « venger » ces deux « victimes »? EN AUCUN CAS!
_ est-il normal que face à une poussée de violence, l'état cherche à rétablir l'ordre? EVIDEMMENT!
_ est-il maintenant normal de justifier les émeutes que l'on observe en s'appuyant sur quelques déclarations choc d'un ministre coutumier du fait? NON, le respect de la loi et de l'ordre républicain n'est pas conditionné par quoi que ce soit! Tout ne peut pas être mis au même niveau!
_ y a t'il une bonne raison pour faire brûler les voitures de ceux qui ont commis pour seule faute, de vivre dans la mauvaise banlieue, à qui les assurance ne rembourseront rien et qui auront milles difficultés à aller travailler sans elle? NON
_ y a t'il une bonne raison pour faire brûler des entreprises, installées à grand peine dans des quartiers en difficulté, jetant ainsi au chômage technique des centaines de personnes? NON
_ y'a t'il une bonne raison pour faire brûler écoles, gymnases, et autres équipement publics, payés par le contribuable, et destinés à assurer la cohésion sociale et l'intégration? NON
Pour moi, ces réponses sont évidentes. Peut être sont elles le fruit d'une éducation "d'un autre temps". En tous cas, jamais il ne me serait venu à l'esprit de briser le premier de ces interdits... Parce que pour moi, c'est simplement MAL, c'est une question de morale sociale car ce sont les règles minimales à observer pour permettre le "vivre ensemble".
Alors, quand j'entends des éditorialistes, des universitaires ou des politiques qui légitiment ces violences, qui cherchent des excuses, des responsables, je ne comprends plus...


