Depuis la fin de l'été, François Bayrou apparaît de plus en plus comme un candidat très crédible pour la prochaine présidentielle.
Les universités d'été qui ont permis de réunir des personnalités telles que Michel Barnier, Michel Rocard, Nicolas Hulot et ainsi de montrer que les points de convergence sur de nombreux sujets sont réels et qu'il serait possible de faire émerger une majorité nouvelle, en dépassant de vieux clivages obsolètes.
La dénonciation des amitiés qui unissent certains responsables politiques de premier plan à certains responsables industriels qui, en plus d'entreprises clientes de l'Etat détiennent souvent de véritables empires de presse a sonné juste: de toute évidence, l'UDF est sous représenté dans les média (cf. article ici), et les moyens mis à disposition des différents candidats pour se faire entendre ne sont pas comparables.
Les positions équilibrés de François Bayrou sur les questions qui ont fait l'actualité ces derniers jours ont apporté de l'air au débat politique. Le projet de loi sur GDF ne se justifiait pas. Et l'UDF votera contre, mais la bataille d'obstruction menée par la gauche est indigne.
Sur les sans-papiers, François Bayrou a eu raison de réaffirmer qu'une régularisation massive aurait été irresponsable, et que seul un traitement au cas par cas pouvait amener des solutions humaines et raisonnables. Mais il a eu raison de souligner aussi que si on traite au cas par cas, on ne peut pas annoncer à l'avance le nombre de régularisés!
Et face aux outrances du ministre de l'intérieur jugeant la justice, le rappel du principe républicain de séparation des pouvoirs était indispensable. Mais cette exigence de respect des institutions ne peut se satisfaire d'un angélisme de gauche qui voit dans la police de proximité l'alpha et l'oméga du retour de l'ordre dans les cités difficiles.
Oui, les positions de l'UDF et de François Bayrou représentent un point d'équilibre, à la rencontre des valeurs démocratiques et humanistes qui ont fait la France et de l'exigence du respect de l'ordre et de la loi nécessaire pour permettre la vie en société. Voilà pourquoi « Bayrou président » n'est pas seulement un slogan de campagne, mais une vraie perspective qui peut devenir réalité dans quelques mois. Rien n'est écrit. A nous de choisir.
Retrouvez ces temps forts sur le blog d'Yves Pagès: www.yves-pages.com
La politique a des aspects navrants. On peut être pour ou contre la privatisation de GDF. Personnellement, je n'y suis pas très favorable, ne serait-ce que parce que, il y a quelques mois à peine, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'économie, prenait l'engagement solennel que la part de l'état dans le capital de GDF ne descendrait pas sous la barre des 70%. Mais qu'on soit pour ou contre, on pourrait être pour le débat et la démocratie. Visiblement ce n'est pas l'opinion du PS et du PC qui ont déposé plus de 100 000 amendements à ce texte.
Et comme il y a de bien meilleurs spécialistes que moi, je vous propose les analyse de Jean-Louis Debré (source: www.reuters.fr) et de François Bayrou (source: discours de cloture de l'université d'été 2006 www.udf.org)
Jean-Louis Debré précise, dans une lettre adressée aux députés, que 100.000 amendements nécessitent "au minimum 10 millions de pages et une pile de papier d'une hauteur de 966 mètres, d'un poids de 49,5 tonnes".
Éloquent non? On pourrait aussi dire qu'à raison d'un amendement traité en séance toutes les deux minutes (ce qui est très rapide étant donnée la lourdeur de la procédure dans son intégralité), il faudrait au minimum 12 million de secondes, soit 140 jours, ou encore près de cinq mois en continu, 24h/24, 7j/7 pour évacuer ces amendements de principe, dont aucun ne peut être adopté! Est-ce bien pour cela que nous élisons nos députés?
François Bayrou: "GDF, comme hier les autoroutes, a été édifié par les Français. C’est l’effort des Français qui a construit le réseau, jusqu’au plus petit village. Et je trouve qu'il n’y a aucune raison de l’oublier.
Nous jugeons donc que cette décision est mal inspirée.
Mais il nous paraît que le Parti socialiste est aussi mal inspiré en choisissant de déposer des dizaines de milliers d’amendements dont le but est d’empêcher non pas l’adoption du texte, mais l’examen du texte.
Si vous voulez bien y réfléchir avec moi, cette décision du Parti socialiste, contrairement aux apparences, ne dessert pas le gouvernement, elle le sert.
Car vous savez bien que ce gouvernement, ne veut pas le vote. Il veut tout, sauf le vote. Au sein de son parti des voix se font entendre pour défendre le même point de vue que le nôtre.
Et donc le PS lui rend le signalé service de lui servir le 49-3 sur un plateau, de lui apporter en même temps l’obligation du 49-3 et le prétexte de son utilisation. Et je vous laisse décider, vous qui êtes des connaisseurs, si c’est totalement un hasard…
Et dans ce cas, le Parlement n’est pas un contrepouvoir, il justifie lui-même l’évitement du débat.
Le Parlement de l’avenir, le Parlement que nous voulons, ne connaîtra pas le passage en force, mais il ne connaîtra pas non plus l’obstruction insurmontable qui oblige au passage en force."
Et voilà, on n'aura pas les 49,5 tonnes de papier, mais le fameux 49-3! Le débat n'aura pas lieu, les Français seront floués, et le Parlement se sera bafoué lui même. Notons juste que les projets PS et UMP prévoient de renforcer le rôle du parlement: celui de l'UDF aussi, et je partage cet objectif. Mais quand on veut renforcer le Parlement, on évite de le discréditer de la sorte! Juste navrant...
La sérénité des débats tranche avec l'ambiance délétère d'autre partis, et l'ouverture voulue par François Bayrou à des intervenants extérieurs de grand talent (Michel Rocard, Michel Barnier, Nicolas Hulot, Guy Carcassonne) permet de réaliser à quel point le cloisonnement excessif de la politique française est néfaste, alors même que sur un certains nombre de sujets capitaux des points de convergence existent.
Une fois de plus, ces Universités d'été auront permis de revenir sur les thèmes de prédilection de l'UDF: reprise de la construction européenne aujourd'hui en panne, réforme institutionnelle pour renforcer la démocratie et réconcilier les Français avec la politique, réforme et modernisation de l'état... Mais ce sont en fait tous les sujets qui font l'actualité, qui pèseront lors des prochains scrutins, qui ont été abordés à travers autant de tables rondes. Et c'est ainsi éclairé par des intervenants venus d'horizons divers que chacun peut se faire une opinion.
Au début d'une année décisive pour la France, ces quelques jours de réflexion, permettent de s'intéresser au fond des choses, sans esprit polémique et petites phrases. Malheureusement je n'ai pas pu rester jusqu'à la fin des travaux, mais c'est pour une raison heureuse: ce matin, on inaugure la place du commerce rénovée...
Pour retrouver tous les débats et interventions: le blog des Universités d'été 2006


