Quelques petites choses  que je voulais vous dire...

Le Blog d'Yves Du Buit

 
Mardi 27 juin 2006

Hier soir, le Président a parlé. Sa parole est rare, et, à moins de trois semaines du 14 juillet et de la traditionnelle interview présidentielle, on pouvait s'attendre à quelques déclarations importantes. Ca n'a pas raté! On a eu le droit à quelques scoops: la place de la France dans le monde ne recule pas, le gouvernement travaille très bien et n'est pas traversé par des rivalités fratricides, la majorité le soutient, et les réformes vont se poursuivre pendant les derniers mois du quinquennat. On ne me l'aurait pas dit avec autant de solennité, je ne l'aurais pas cru! Et pour être honnête, même dit comme ça...

Non, en fait, c'est bien lorsqu'il a appelé à apporter à l'équipe de France un « soutien sans faille » que le Président a été le plus convainquant. Il faut dire qu'il ne prenait pas un gros risque vu l'engouement que suscite la coupe du monde. L'esprit de 1998 n'était pas loin. Le Président avait sûrement en mémoire l'euphorie et la belle union nationale qui avait suivi la victoire « Black Blanc Beur » de 1998, ainsi que l'état de grâce et le regain de popularité qu'elle lui avait valu.

A l'heure où j'écris ces lignes, Espagne-France va débuter, et je ne peux préjuger du résultat. Mais globalement, il y a une chance sur deux pour que demain, la France soit toujours dans la compétition, et donc une chance sur deux pour qu'elle n'y soit plus... De là à penser que la date de l'intervention présidentielle, dont le contenu, convenons en, aurais très bien pu attendre le 14 juillet, n'a été dictée que par l'impérieuse nécessité d'apparaître comme le président d'une nation gagnante...

par Yves Du Buit publié dans : Monde/Société
Jeudi 15 juin 2006

Un de mes textes préférés de Raymond Devos qui vient de mourir

J'ai lu quelque part : " Dieu existe, je l'ai rencontré ! "
Ca alors ! Ca m'étonne !

Que Dieu existe, la question ne se pose pas !
Mais que quelqu'un l'ait rencontré, avant moi, voilà qui me surprend !

Parce que j'ai eu le privilège de rencontrer Dieu
juste à un moment où je doutais de lui
Dans un petit village de Lozère abandonné des hommes,
il n'y avait plus personne.
et en passant devant la vieille église,
poussé par je ne sais quel instinct, je suis entré.

Et là, j'ai été ébloui ... par une lumière intense ... Insoutenable
C'était Dieu …
Dieu en personne,
Dieu qui priait !
Je me suis dit : " Qui prie-t-il ?
Il ne se prie pas lui-même ?
Pas lui ? Pas Dieu Non !"

Il priait l'homme ! Il me priait, moi !
Il doutait de moi comme j'avais douté de lui
Il disait : " 0 homme, Si tu existes, un signe de toi ! "

J'ai dit : " Mon Dieu, je suis là ! "

Il a dit : " Miracle, une humaine apparition ! "
Je lui ai dit : " Mais, mon Dieu,
comment pouvez-vous douter de l'existence de l'homme,
puisque c'est vous qui l'avez créé ? "

Il m'a dit: " Oui ... mais il y a si longtemps que je n'en ai pas vu dans mon église
que je me demandais si ce n'était pas une vue de l'esprit ! "

Je lui ai dit: " Vous voilà rassuré, mon Dieu ! "
Il m'a dit : " Oui ! Je vais pouvoir leur dire là-haut :
L'homme existe, je l'ai rencontré !"

par Yves Du Buit publié dans : Monde/Société
Mardi 6 juin 2006

Dans les prochains jours, les militants socialistes devront adopter le projet du PS pour l'an prochain. En novembre, ils auront à désigner leur candidat pour l'Elysée. Réussiront-ils à éviter le grand écart?

Les récentes déclarations de Ségolène Royal sur l'insécurité semblent emporter l'adhésion d'une grande partie de la population mais ont suscité l'émoi des éléphants socialistes, jusqu'à celui de son compagnon François Hollande.

Insécurité, mais aussi 35 heures, la plupart de ses positions ne cadreront probablement pas avec le projet préparé par les cadres du parti et qui sera proposé au vote des militants début juillet, et probablement approuvé par ceux-ci. Au contraire, ce projet préparé par Henri Emmanuelli, "noniste" convaincu, qui court après Fabius, qui court après Buffet, qui court après Bové, qui court après Besancenot sera comme toujours qualifié de "juste", "équilibré", "solidaire", "citoyen". Autant d'adjectifs qui par principe, désignent le programme socialiste. Dans les faits, il sera, avec de tels géniteurs, à gauche, très à gauche... Contribuant une fois de plus à singulariser le PS français sur la scène des gauches européennes, aujourd'hui toutes plutôt réformistes et converties à une économie ouverte.

Mais quand les militants auront à choisir celui, ou celle, qui portera leurs couleurs à la présidentielle, tout, aujourd'hui, semblent indiquer qu'ils choisiront Ségolène Royal. La candidate la moins à gauche du PS, la plus blairiste (oh, le gros mot!), la plus « réactionnaire » à en croire ses petits camarades, celle dont, au final, les propositions se retrouveront le moins dans le projet.

Alors, dans un an, devant les électeurs, quel projet défendra t-elle si elle est désignée? Le sien ou celui de son parti? Europe, politique économique et sociale, questions sociétales, les différents présidentiables ont des positions très différentes. Comment l'un d'entre eux, pourra t-il se glisser dans l'habit mal taillé et informe que leur aura préparé Henri Emmanuelli? L'élection de 2007 risque de se jouer sur un grand malentendu.

Espérons que les Français n'en seront pas les grands cocus!


Jeudi 1 juin 2006

Ca devait arriver: la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnement du procès d'Outreau ont rendu publiques leurs premières conclusions.

Un certain nombre de proposition sont intéressantes, comme par exemple la séparation du siège et du parquet, qui permettra une plus grande symétrie entre l'accusation et la défense. La collégialité de l'instruction peut également être quelque chose de très positif, si on ne remplace pas un magistrat travaillant seul par deux magistrats travaillant ensemble mais que l'on remplace  deux magistrats travaillant seul par deux magistrats travaillant ensemble! Certaines audiences, rendues publiques, pourrait également permettre de mettre en lumière plus tôt des dysfonctionnement.

Par contre, la commission proposerait également de limiter à deux ans la détention préventive pour de présumés criminels, comme c'est déjà le cas, si je ne m'abuse, pour les présumés délinquants. Sur le principe de chercher à limiter à deux ans la détention provisoire, je suis tout à fait d'accord. Cela passe d'abord par un désengorgement des tribunaux trop souvent saturés, en réformant probablement en effet un certain nombre de pratiques judiciaires.

Mais inscrire ce délai dans la loi me semblerait très dangereux. Qu'on le veuille ou non, dans certaines affaires, l'enchaînement des expertises et des contre-expertises peut prendre du temps. Et certaines instructions peuvent être très compliquées. Et alors plusieurs mois voire année peuvent séparer l'arrestation du meurtrier ou du violeur présumé du procès.

Dans ce cas, je préfère que le meurtrier présumé reste sous les verrous le temps qu'il faut. Imaginons que dans deux ans, faute de procès, on remette en liberté le meurtrier du petit Mathias ou de Madison?

Que le législateur et le garde des sceaux fassent tout ce qui est possible pour accélérer le rythme de la justice parfait! Mais avant d'inscrire cette mesure dans la loi, j'espère que les conséquences en seront totalement mesurées.

par Yves Du Buit publié dans : Monde/Société
 
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