Depuis 5 ans, Ingrid Betancourt et Clara Rojas sont retenues en otage par les FARC en Colombie, comme plusieurs milliers d'autres otages moins médiatisés.
Les prises d'otages, quelles qu'elles soient, sont des atteintes graves aux droits de l'Homme. Et en retenant ainsi arbitrairement des innocents, les preneurs d'otages bafouent leur dignité la plus élémentaire, les ramenant à une situation de marchandise, à vendre ou échanger.
Pour que nous n'oublions pas la situation d'Ingrid Betancourt et de tous ses compagnons de détentions, la municipalité de Plouzané, à la demande des Verts et de l'association Libertad 29, a souhaité s'associer à l'immense mouvement de solidarité qui se tisse autour du sort de ces otages.
C'est pourquoi, à l'occasion du cinquième anniversaire de la prise d'otage d'Ingrid Betancourt et Clara Rojas, un arbre a été planté non loin du centre social de Kerallan, en présence de nombreux Plouzanéens, sensibles à la situation des otages.

Jeudi soir, à Dunkerque, Madame Royal tenait un meeting à destination principalement des enseignants. Au détour de son discours, elle a glissé que l'effort que la nation devait faire pour l'éducation serait fait au détriment du budget de la défense, en renonçant notamment à la construction du second porte-avion. Une position qui une fois de plus illustre la méconnaissance des dossiers militaires de la part de la candidate.
Premièrement, d'un point de vue purement financier, il est choquant de dire que l'on va amputer les dépenses d'équipement pour financer des dépenses de fonctionnement. Les premières sont ponctuelles (même si elles s'étalent dans le temps sur plusieurs années), les secondes sont récurrentes. Ce sont donc des dépenses qui ne peuvent être comparées.
La dépense pour un porte avion, est certes très importante mais s'amortie sur 30 ou 40 ans, soit pour un budget approximatif de 2,5 Milliard d'euros, amorti sur 40 ans, un gain pour l'éducation nationale de l'ordre de 60 millions d'Euro par an. Une broutille comparée au budget annuel de 40 milliards d'Euro de l'éducation nationale.
Deuxième point: d'un point de vue stratégique, un second porte-avion est nécessaire pour assurer la permanence à la mer du groupe aéronaval français. On sait que dans quelques mois, le Charles de Gaulle sera immobilisé pour 18 mois, pour son « gros entretien » régulier. Pour cette fois, c'est certain, c'est tout le groupe aéronaval qui sera indisponible. Mais on sait l'importance de disposer d'une force de projection crédible, capable d'intervenir aux quatre coins du monde pour les opérations notamment de maintien de la paix sous couvert de l'ONU.
Aujourd'hui, seuls l'Europe et les États-Unis sont capables de fournir des équipements lourds pour des opérations de cette nature. Donc soit on accepte de laisser les seuls États-Unis agir pour le compte de la communauté internationale, soit nous devons nous aussi disposer de nos propres moyens. Malheureusement, il n'existe pas encore d'Europe de la défense, et pour un certain nombre d'années encore, les navires seront sous pavillons nationaux et non pas sous pavillon européen.
Par contre il est possible de jouer sur les coopérations internationales pour réduire les coûts de développement. C'est ce qui est en train de se passer concernant le second porte-avion, où un consortium associant plusieurs partenaires industriels europens planche sur une proposition de porte-avion à soumettre aux gouvernements français et anglais. Si les deux gouvernements décident de construire des porte-avions sur les même bases, les frais de développement, colossaux dans ce genre de programme, seront partagés permettant ainsi d'optimiser le coût final de chaque navire en profitant d'un mini-effet de série. C'est bien là une première étape de ce que devra être l'Europe de la défense.
Troisième objection: de tels programme de défense coûtent cher, c'est vrai. Mais que fait-on de cet argent? il sert à assurer pendant plusieurs années le plan de charge de chantiers navals et d'équipementiers employant plusieurs dizaines de milliers de personnes à travers l'Europe. Et derrières ces grosses locomotives de l'industrie de défense (DCN, Thales, BAE), il y a des centaines de fournisseurs et de sous-traitants industriels. Et dans une large part, la charge induite par la construction et l'armement d'un porte-avion est constituée de marchés de défense, donc protégés et non délocalisables hors des frontières européennes pour certains, hors des frontières nationales pour d'autres. A l'heure où l'on craint la désindustrialisation du vieux continent, il n'est pas raisonnable de lâcher l'industrie de défense.
Quatrième raison: ce genre de très gros programmes de défense permet aux grands industriels de financer d'importantes études de recherche et de développement et d'innover de manière déterminante. Ces innovations sont nécessaires pour pouvoir ensuite se positionner avec quelques chances de succès sur d'autres marchés, moins importants, tant civils que militaires, nationaux ou à l'exportation. Si Boeing a pu reprendre sa place de premier avionneur civil mondial, c'est notamment grâce aux très importants contrats d'avionique militaire financés par le gouvernement américain qui lui ont permis de franchir un cap difficile...
La construction d'un porte-avion recouvre donc de nombreux enjeux, non seulement militaires et stratégiques, mais également sociaux, industriels et scientifiques. Il est donc indispensable de ne pas abandonner ce projet mais au contraire de faire en sorte que la DGA ait les moyens de le faire avancer au plus vite, en partenariat avec son homologue britannique. C'est ainsi que non seulement on commencera à jeter les bases d'une Europe de la défense, mais également que l'on garantira la pérennité d'un grand secteur industriel.
NB: Brestois espérant la construction de tout ou partie du porte-avion à Brest et salarié d'un grand groupe de défense partie prenante dans le programme de second porte-avion, j'accepte par avance toutes les critiques sur le parti pris de ma position...
Oui, l'Europe reste une perspective et une espérance en dépit du terrible coup d'arrêt porté par le 'Non' français au référendum du 29 mai 2005. C'est une espérance pour les peuples européens qui trouveront dans cet espace un lieu de paix, de liberté et de sécurité. Mais c'est également une espérance pour les peuples du monde qui attendent de l'Europe un rôle actif dans un monde multipolaire.
François Bayrou a rappelé la nécessité de relancer la construction européenne. Plusieurs pistes ont été évoquées:
- L'adoption, par référendum, d'un nouveau traité institutionnel, plus simple et plus lisible que celui qui nous a été soumis en 2005, et qui permettent de faire fonctionner les institutions européennes.
- L'approfondissement et la levée des ambiguités plutôt que l'élargissement: il est nécessaire de stabiliser et d'éprouver le fonctionnement de l'Union avant d'envisager tout nouvel élargissement.
Mais François Bayrou ne veut pas se contenter du minimum. Il veut construire une Europe politique, une Europe qui tienne une place de premier rang, et non pas, comme c'est le cas actuellement, un grand marché, une grande puissance commerciale, totalement impuissante pour influer sur la marche du monde.
Pour relancer l'Europe, ce ne sont pas moins de sept grands dossiers qu'il souhaite voir traités au niveau européen, non pas dans une course au 'toujours plus' où l'Europe dépouillerait les états de leurs compétences, mais parce que c'est à l'échelle européenne qu'il seront le mieux traité.
Ces sept chantiers sont:
- La politique économique afin de faire converger progressivement les situations économiques et fiscales et éviter ainsi des situations de concurrences internes.
- La défense: aujourd'hui, l'Europe, c'est 27 défenses nationales. Chacun coûte très chère, et toute sont en dessous de la taille critique (exception faite de la dissuasion nucléaire française) permettant de jouer un rôle sur la scène stratégique mondiale. Il est donc nécessaire de définir en commun nos besoins de manière a être capables d'intervenir avec les moyens appropriés là ou cela est nécessaire.
- La diplomatie: les vingt-sept disposent d'un réseau diplomatique impressionnant, riche d'histoires nationales variées permettant à chacun de disposer d'une connaissance approfondie de telle ou telle partie du monde. Aujourd'hui, chacun travaille dans son coin, conduisant parfois à une grande cacophonie européenne. En coordonnant ses différents services, l'Europe peut se doter d'une force diplomatique unique au monde, lui permettant de peser dans tous les grands dossiers internationaux, dans lesquelles elle est aujourd'hui inaudible.
- Le climat et la lutte contre le réchauffement: face à de grandes puissances qui ont du mal à prendre leurs responsabilités sur ce sujet, il faut une grande puissance capable de parler d'égale à égale avec les Etats-Unis, la Chine, l'Inde...
- La politique de l'énergie, qui n'est pas sans liens avec la précédente, les énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon) étant les principales sources du réchauffement climatique.
- La recherche, car là également, il faut être capable de coordonner, et d'amplifier l'effort pour se maintenir à un niveau d'excellence dans les domaines qui demain feront prospérer l'économie européenne.
- L'immigration et le développement, qui ne forment qu'un sujet tellement le second est la seule solution pérenne à la première. Et assurer le développement de l'Afrique n'est pas un défi à la mesure de nos politiques nationales. A enjeux continental, il faut apporter une réponse européenne.
Aujourd'hui, l'heure n'est pas à stigmatiser telle ou telle institution européenne comme se plaisent à le faire Royal et Sarkozy. L'heure est à remettre sur les rails ce magnifique chantier que nous avons fait dérailler.
Quoi de mieux pour relancer la construction européenne que de fixer à l'Union de nouveaux défis, des missions claires et bien définies compréhensible par chacun? C'est ce que propose François Bayrou. Il est le seul à le faire. Et parce que l'Europe est un enjeux trop important pour être négligé, il doit être élu.
Les conclusions du groupe d’experts réunis à Paris la semaine dernière pour étudier le réchauffement climatique sont cette fois, des plus claires : l’activité humaine a un impact fort et durable sur l’évolution du climat. La consommation soutenue d’hydrocarbures depuis le début de la révolution industrielle a eu pour effet de renvoyer dans l’atmosphère des centaines de milliers de tonnes de dioxyde de carbone.
La présence de dioxyde de carbone dans l’atmosphère est normale. Les êtres vivants, quels qu’ils soient, animaux ou végétaux, en respirant en brûlant ou en se décomposant, rejettent du CO2. Ce CO2 est assimilé par les plantes terrestres ou marines (n’oublions surtout pas les algues) pour recréer de la matière organique. C’est le cycle normal du carbone, élément constitutif de tout ce qui vit sur terre.
Le problème dans le cas est présent vient du fait que des quantités très importantes de carbone stockées dans les profondeurs de la terre de manière fossile sous forme de pétrole, de charbon ou de gaz naturel, ont été brûlées et renvoyées dans l’atmosphère perturbant ainsi son fragile équilibre. La végétation ne pouvant absorber l’excédant de CO2 ainsi produit, la proportion de gaz carbonique dans l’atmosphère s’élève progressivement. Or le gaz carbonique produit dans l’atmosphère un effet dit « de serre » c’est à dire que plus il y a de gaz carbonique dans l’atmosphère, plus le rayonnement solaire est gardé captif et contribue ainsi à réchauffer la planète.
La cause du réchauffement est clairement identifiée : c'est la combustion des hydrocarbures, de tous les hydrocarbures, qui provoque l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère. Et il faut rappeler que même lorsqu'on l'affuble du qualificatif « propre », le charbon, tout comme le gaz naturel, produit, comme le pétrole, des gaz à effet de serre. Il n'existe pas de gaz naturel propre, et encore moins de charbon propre, comme on peut l'entendre parfois. Et la perspective de l'exploitation d'une nouvelle mine de charbon en Bourgogne est un non-sens absolu.
Il est donc urgent de trouver des moyens pour s'affranchir de ces énergies fossiles, nécessité d'autant plus impérieuse que même pour ceux qui resteraient insensibles au péril écologique, la pénurie annoncé de ces hydrocarbures et l'augmentation des cours qui en découlera rendra le coût de leur utilisation prohibitif dans la plupart des cas.
Si l'on doit à court terme renoncer aux énergies fossiles, il est bien sûr nécessaire de se demander quelle politique énergétique peut être suivie.
Certains prêchent pour les économies d'énergie. Très bien. Je suis tout à fait pour: isolons mieux nos maisons, éteignons les lumières, utilisons des dispositifs économes. Il y a là des gisements d'économies très importants à exploiter. Mais ne nous leurrons pas, si on peut, au mieux stabiliser la demande d'énergie dans les pays développés, ce sera très bien. Quand aux pays émergents et en voie de développement, leur demande énergétique continuera inévitablement et légitimement à augmenter. Les économies d'énergies peuvent apporter un mieux. Mais elles n'apporteront pas une réponse globale au problème.
D'autres mettent en avant les énergies renouvelables. Vive les éoliennes et les panneaux solaires! Oui mais ces moyens de production d'énergie, aujourd'hui, peuvent permettre d'alimenter en énergie des maisons, un village. Mais combien d'éoliennes pour faire rouler un TGV (ou un tram?), pour alimenter des industries très « énergivores », des usines de dessalement d'eau (qui vont devenir de plus en plus nécessaires dans certains pays) ou même un gros hôpital? Alors bien sûr chaque fois qu'un panneau solaire est installé, c'est un peu moins d'énergie à produire et à transporter par ailleurs. Et c'est important car l'énergie dissipée le long des câbles électrique est colossale. Donc, moins on fait voyager l'électricité, mieux c'est. Mais là non plus, à court ou moyen terme au moins, on ne peut répondre au besoin d'énergies par le seul recourt aux énergies renouvelables.
En fait, il faut être clair: nous disposons de deux sources de productions massives d'électricité: les énergies fossiles et l'énergie nucléaire. S'opposer à l'un, c'est implicitement favoriser les autres.
Or le nucléaire, s'il a un certain nombre d'inconvénients, en particulier la nécessité de gérer sur le long terme ses déchets, présente un énorme avantage: il permet de produire de l'électricité en grande quantité sans produire le moindre gaz à effet de serre. Le désigner comme LA menace environnementale est donc un raccourci pour le moins osé.
Alors, peut-on raisonnablement prôner le co-développement et s'opposer à ce que l'Iran, même moyennant un certain nombre de contrôles définis par les traités internationaux, accède au nucléaire civil?
Peut on raisonnablement prôner « l'excellence environnementale » et mettre à l'index l'électricité nucléaire?
Peut on défendre un « ordre juste » et accueillir dans son état-major un ancien responsable d'un mouvement n'hésitant pas à utiliser des méthodes illégales ou violentes pour s'opposer au nucléaire et ainsi, implicitement, soutenir les pétroliers?
L'eau et l'énergie seront deux enjeux majeurs pour la planète pour les décennies à venir. Si nous voulons éviter la catastrophe climatique, le mot d'ordre n'est pas « sortir du nucléaire » mais bien « sortir du pétrole ». On n'a parlé ici que de la question électrique. Il faudrait évoquer aussi les carburants et la pétrochimie. On le voit, le travail est immense. Les enjeux colossaux. Cela vaut sûrement un débat approfondi, et mérite mieux que des déclaration à l'emporte pièce. Nous aurons sûrement l'occasion d'y revenir.


