Bon vent à lui pour cette campagne!
Dans un récent entretien avec Michel Onfray publié dans Philosophie Magazine, Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur un certain nombre de maux qui taraudent la société. Parmi ceux-ci, la pédophilie et le suicide des jeunes. En quelques lignes, Nicolas Sarkozy range dans le domaine de l'inné ou du génétique ces deux fléaux.
"J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable" dit Nicolas Sarkozy dans cette entretien (L'entretien complet ici)
Ainsi tout serait écrit dès avant notre naissance. Nos gènes détermineraient non seulement notre aspect physique, mais également notre profil psychologique et moral... Plus de place pour l'éducation, la culture, la famille! L'homme ne naîtrait pas libre, mais pré-programmé.
Il y a quelques mois un projet de fichage des enfants à problèmes dès leur plus jeune âge avait provoqué un véritable tollé contre le ministère de l'intérieur avant d'être finalement abandonné. On comprend mieux aujourd'hui la logique qui sous-tendait ce programme.
Cette analyse est en complète contradiction avec l'idée que je me fais de l'homme.
L'homme naît libre. Toute sa vie il se transforme, en fonction de ses rapports à son entourage, à la société, au monde. L'éducation, notamment dans le cadre de la famille, joue un rôle capital dans la construction d'une personnalité.
C'est pourquoi, aujourd'hui, il faut que la société veille à aider et à accompagner les familles dans leur mission d'éducation des enfants. Il est indispensable de donner à l'enfant des repères, de lui permettre de découvrir ce qu'est le bien et ce qu'est le mal. Il faut qu'il prenne conscience que tuer, violer, maltraiter qui que ce soit, abuser d'un enfant ou d'une personne vulnérable est mal. Point.
C'est parce que cette construction prend du temps que les mineurs restent sous la responsabilité légale de leurs parents, qui auraient tord de négliger cette charge. Ensuite, à l'age adulte, libre à chacun de respecter ces limites morales ou de les transgresser, en acceptant alors de tomber sous le coup de la loi, loi républicaine, adoptée par le parlement au nom du peuple certes, mais loi qui est aussi la transcription des préceptes moraux les plus anciens et les plus universels.
Le raisonnement de Sarkozy est inverse: on naît pédophile, suicidaire, ou délinquant. Cela relève donc de la nature de chacun, et on ne peut donc pas aller contre. Ce raisonnement revient à nier le rôle de l'éducation, de l'environnement social et familial, et à exonérer la société de toute responsabilité quand elle promeut la violence et ne propose comme idéaux à ses enfants qu'argent et jouissance.
En poussant un peu plus loin le raisonnement, on pourrait s'interroger sur l'utilité même de la sanction contre ces personnes, puisque c'est leur nature...Mais alors, que fait-on d'elles puisqu'il ne semble pas y avoir d'issue ? Cette seule interrogation fait froid dans le dos....
Interview publiée par Reuters (www.reuters.fr) le 6 avril 2007
Reuters: A l'étranger, vous êtes considéré comme quelqu'un qui veut casser le système. Etes-vous un révolutionnaire ?
François Bayrou : D'une certaine manière oui, un révolutionnaire paisible. Nos pays en général, et la France en tout cas, ont besoin de tourner une page, d'avoir une révolution tranquille, calme, qui fasse que leur pays se reconstruise.
C'est un grand pays la France, avec beaucoup d'atouts, mais qui est aussi en crise profonde. Notre démocratie n'a pas permis de poser les réformes depuis 25 ans. Deuxièmement, nous avons un Etat très pesant et qui ne répond pas aux attentes des Français.
Nous sommes dans un pays très centralisé, où les décisions se prennent toujours à Paris et ça ne correspond plus vraiment aux temps que nous vivons.
Reuters: Vous dites que les socialistes sont séduits par votre idée, comment le savez-vous ? Est-ce à dire que vous négociez avec eux ?
François Bayrou : Parce qu'ils m'appellent, par dizaines ! Ils me disent 'tu as raison'. Le Parti socialiste français a un problème d'aggiornamento, de remise à jour, de modernisation de la pensée. Quand on voit ce que sont les autres partis socialistes européens, on se dit que les réflexions nécessaires n'ont pas été conduites en France et ça va être l'occasion, pour les citoyens, d'imposer cette réflexion.
Reuters: Considérez-vous Nicolas Sarkozy comme quelqu'un de dangereux ?
François Bayrou : Je ne veux pas employer des mots trop virulents mais Nicolas Sarkozy est un homme qui a fondé sa campagne électorale, depuis des années, sur la montée des affrontements entre les catégories de Français.
Il dit qu'il y a deux France, une France honnête et une France malhonnête, ce qui n'est la réalité d'aucun pays du monde. De ce point de vue-là, il organise dans la société un climat de très grande tension et ce climat n'est pas un climat favorable à la paix civile, à la sécurité.
Tous les chefs d'Etat considèrent que leur première mission, c'est de faire en sorte que l'on vive dans une société apaisée. Si on veut de la sécurité dans les wagons de chemin de fer et de métro, il faut que tout le monde se sente responsable de la bonne tenue générale et pas que la police vienne constamment.
Reuters: Pensez-vous obtenir le débat entre candidats que vous réclamez
François Bayrou : Dans toutes les grandes démocraties, il faut qu'avant les élections, il y ait des débats entre les candidats. Les citoyens ont besoin de sortir un peu de ces perpétuels messages qu'on entend tout le temps; ils ont besoin de voir comment se comportent les candidats entre eux.
Il y a trois candidats éligibles dans la vie politique française : Nicolas Sarkozy, (la socialiste) Ségolène Royal et moi. Les Français vont avoir à sélectionner les deux finalistes et je suis persuadé que si on leur demande, ils veulent un débat.
Reuters: Comment vivez-vous ce qui vous arrive dans cette campagne ? Comme une chance, une bénédiction ?
François Bayrou : C'est pas réellement une chance, c'est un très long combat. Je l'ai commencé solitairement il y a plus de dix ans, parce que je pense depuis longtemps que la société française a besoin d'avoir une démocratie nouvelle qui ressemble davantage aux grandes démocraties du monde qu'à cette espèce de monarchie dans laquelle on vit en France, où c'est l'arbitraire qui règne.
Tout cela ne peut être changé que par une force politique nouvelle ; on est en train de faire apparaître cette force politique nouvelle dans le paysage politique français.
Reuters: Etes-vous euphorique ?
François Bayrou : Je ressens (cette campagne) comme un moment formidable de ma vie, en même temps avec un grand sentiment de responsabilité. Les Français - 4.000 personnes viennent me voir ce soir à Agen, une petite ville (NDLR : agglomération de 62.000 habitants) - mettent en moi de l'espoir, pas seulement pour la politique, mais pour leur vie, pour leur famille.
Je ressens une responsabilité, de la gravité et en même temps j'ai le bonheur de rencontrer un peuple et des citoyens auxquels je crois beaucoup.
Reuters: Vous qui êtes amateur de littérature, avez-vous le temps de lire ces temps-ci ?
François Bayrou: Toujours un petit peu. Là, je lis des romans policiers le soir avant d'aller me coucher...
Choisir François Bayrou c'est voter pour:
- permettre de créer deux emplois sans charge dans toutes les entreprises pour mettre au jour de véritables gisements d'emplois dans les PME en particulier;
- adopter un 'Small business act' à la Française pour alléger les contraintes qui pèsent sur les petites entreprises;
- s'attaquer enfin aux déficits publics qui font peser sur chaque Français une dette insupportable;
- respecter les partenaires sociaux pour restaurer un vrai dialogue social et ainsi favoriser les accords négociés entre partenaires plutôt que de légiférer à tort et à travers;
- réaffirmer que tous les enfants qui sortent de l'école primaire doivent savoir lire, écrire, compter. Une évidence? Oui, mais aujourd'hui ce n'est pas le cas, et c'est la cause de bien des échecs...
- réimplanter l'état là où il est absent (banlieues, territoires ruraux), l'alléger là où il est omniprésent;
- instaurer une retraite universelle par points, prenant en compte la pénibilité du travail, et laissant le salarié libre de choisir l'age de son départ en fonction des droits qu'il a acquis;
- réformer les institutions pour doter la France d'un état impartial, d'un parlement représentatif de toutes les sensibilités, capable d'exercer véritablement toutes ses missions;
- relancer, sans ambiguïté, la construction européenne.
Toutes ces propositions et beaucoup d'autres peuvent être retrouvées dans le « programme d'action » de François Bayrou, téléchargeable sur le site internet du candidat.



