Dimanche 3 avril 2005 7 03 /04 /2005 00:00

Jean Paul II est retourné auprès du Père. L'émotion s'empare du monde, et elle dépasse très largement la seule Eglise Catholique. Hommages et témoignages se multiplient

Par trois fois, mes pas avaient croisé ceux du pape. Et aujourd'hui, à mon tour, je veux humblement rendre hommage à cet homme et témoigner de ce que représentait pour moi Jean-Paul II.

Je me souviens, en 1996, de son passage à Sainte-Anne d’Auray. Je m’y étais inscrit au dernier moment, un peu par curiosité, il faut bien l’avouer, car déjà à l’époque, on se demandait si l’on aurait encore l’occasion de retrouver ce pape qui entamait son long calvaire.

Je me souviens de ce départ au milieu de la nuit, de ces cars innombrables en approchant du sanctuaire, et du soleil qui illumina cette journée. Je me souviens de cette foule où les plus jeunes côtoyaient les plus anciens. Je me souviens de ce chant repris en boucle « Pierre, tu es pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise », il m’a marqué et m’a donné conscience de l’origine profonde du ministère du pape. Je me souviens de mon émotion lorsque, sillonnant la foule comme à son habitude, la papamobile passa à quelques mètres de moi. Ce pape qui parfois sermonnait les plus grands de la planète, qui écrivait l’histoire de ce siècle, était là, au milieu d’une foule immense, au milieu de milliers d’anonymes, au bout du monde pour nous parler de la famille et de l’amour.

Quelques mois plus tard, se préparaient les Journées Mondiales de la Jeunesse de Paris en août 1997. La France recevait le monde, et heureux de ce que j’avais vécu à Auray, je m’inscrivis de nouveau. La rencontre : tel fut le maître mot de ces dix jours. Dans nos paroisses tout d’abord, où nous avons reçu des jeunes d’Haïti. A Paris ensuite où je pris pleinement conscience de l’universalité de l’Eglise : au milieu de cette foule colorée, de ces rires, de ces chants et de ces prières, le monde entier était là : des jeunes venus des états les plus pauvres, des états en guerre, d’états musulmans, bouddhistes… Et pour nous réunir, un homme : Jean-Paul II, plaisantant au Champs de Mars, s’inclinant, au Trocadéro sur le parvis des droits de l’Homme, nous appelant, à Longchamp, à bâtir la civilisation de l’amour.

Et puis vint l’an 2000 et le grand Jubilé et encore les Journées Mondiales de la Jeunesse, à Rome cette fois. Même foule, même diversité… Mais à Rome, les traces de tous ceux qui nous ont précédés depuis Pierre et Paul, cette chaîne ininterrompue de transmission d’un message d’Amour qui nous dépasse, sont omniprésentes et nous poussent à réfléchir au sens de notre vie, aujourd’hui.

Paix, Amour, Pardon… Ce sont je crois, les trois chemins, indissociables, que Jean-Paul II nous a indiqué pour donner ce sens à notre vie.

La Paix, il l’a professée partout dans le Monde, lançant inlassablement des appels pour que cessent les combats, condamnant fortement les crimes commis au nom de Dieu, et appelant toujours à l’avènement de la liberté sans laquelle la paix est vaine. En Pologne notamment, à partir de laquelle son influence et son action concrète ont contribué à faire tomber le rideau de fer.

L’Amour, il l’a vécu tout au long de son pontificat, en étant toujours auprès des plus pauvres, des plus faibles, des opprimés, des malades. En Inde avec Mère Térésa, visitant un hospice, aux Etats-Unis, dénonçant un système qui écrase l’Homme, en Afrique, avec des enfants malades du sida ou à Tours en 1996, avec les « blessés de la vie », il a toujours été proche de ceux qui souffrent, jusqu’à sa visite à Lourdes où, « malade parmi les malades » il était venu prier Notre-Dame.

Le Pardon, souvent il l’a demandé, au nom de l’Eglise, pour des crimes et des injustices commis depuis des siècles. A Jérusalem, devant le mur des lamentations, il a montré que le pardon demandé était la clé de la réconciliation. Et en quelques années, il a rebâti de solides relations entre les chrétiens et nos « frères aînés dans la foi ». Mais le pardon, il l’a aussi accordé. Il a pardonné à Ali Agça qui avait failli le tuer le 13 mai 1981, Ali Agça qui, il y a quelques jours, a fait savoir qu’il priait pour lui… Preuve s’il en était besoin que seul le pardon permet de surmonter les épreuves.

C’est bien ce message qui, sous différentes formes, a résonné aux cœurs de tous ceux qui ont suivi Jean-Paul II. Dans ce mode matérialiste et individualiste, il a porté, à contre courant, l’espoir d’une société plus juste et plus fraternelle. Et c’est bien parce qu’il a répété avec constance ce message que des millions et des millions de jeunes notamment ont marché derrière lui, allant jusqu’à l’accompagner par leurs prières, avec espérance, dans son dernier voyage...

Et après l'avoir tant critiqué, le monde s'aperçoit qu'il perd un géant, un des principaux acteurs de l'histoire du vingtième siècle, un infatigable prêcheur de la "civilisation de l'amour", un homme dont la parole dérangeante n'avait au fond d'autre but que de défendre l'Homme et son Humanité toujours et partout.

Et c'est pourquoi, chacun, au delà des frontières religieuses, se sent, aujourd'hui, orphelin.

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Mardi 29 mars 2005 2 29 /03 /2005 00:00

Tribune publiée dans le Plouzané Magazine de mars 2005 au nom de la majorité municipale

 

Dans quelques semaines, nous fêterons le soixantième anniversaire de 1945. 60 ans sans guerre : jamais l’Europe occidentale n’avait connue telle période de paix. Cette paix, nous la devons pour une large part à la construction Européenne.

 

En prononçant son fameux discours de Strasbourg, le 9 mai 1950, Robert Schuman exprimait cette fantastique intuition : la paix naîtrait d’une réconciliation basée sur une coopération économique étroite. C’est cette position qui a servi de fil conducteur à la construction « économique » de l’Europe que nous avons connue jusqu’à présent : marché commun, libre circulation, monnaie unique, mais également Politique Agricole Commune, qui permet à nos agriculteurs de maintenir sur le sol Européen une agriculture et une capacité de production de qualité, mais encore Fonds Structurels Européens qui permettent d’équilibrer l’aménagement du territoire de l’Union, et qui contribuent, parfois de manière très importante, au financement de la plupart des grands équipements de notre agglomération.

 

Et puis l’Europe a grandi. De six, nous sommes devenus neufs, puis dix, puis douze, et depuis quelques mois vingt-cinq ! La CEE est devenue Union Européenne, et a étendu, au delà du seul domaine économique, ses compétences. L’Union s’est intéressée à ses citoyens. Elle a créé les programmes « Erasmus » pour faciliter les échanges d’étudiants en Europe, a favorisé un certain nombre d’initiatives culturelles… Mais elle s’est révélée incapable de parler d’une seule voix sur la scène internationale. Et à vingt-cinq, le traité de Nice qui fixe le fonctionnement de l’Union, aboutit à un blocage institutionnel.

 

Le texte de Traité Constitutionnel Européen qui sera soumis à référendum avant l’été tente de répondre à ces défis. En simplifiant les mécanismes de décision, et en renforçant le rôle du Parlement européen et des parlement nationaux, il renforce la démocratie et la place du citoyen. En créant un Président de l’Union Européenne et un ministre européen des affaires étrangères, il permettra à l’Union d’être mieux identifiée et plus entendue dans le Monde. Enfin, en incluant, à part entière, dans son texte la « Charte des droits fondamentaux », et en prenant comme référence « l’économie sociale de marché », ce traité pose les jalons d’une Europe Sociale, permettant de lutter, autrement qu’avec les seules armes des marchés, contre les délocalisations.

 

Alors bien sûr, ce traité n’est sûrement pas parfait. Chacun aurait souhaité y trouver un peu plus de ceci, un peu moins de cela. Rappelons simplement qu’il est le fruit d’un compromis entre vingt-cinq gouvernements, de toutes tendances. Rappelons également que ce texte, malgré son caractère constitutionnel, n’est que la prolongation des traités qui l’ont précédé : traité de Rome, Acte unique, traité de Maastricht, traité de Nice… Il s’appuie sur des textes existants, les rassemble, les réforme, les fait évoluer vers une Europe plus ambitieuse et plus forte.

 

C’est pourquoi il est essentiel que ce traité soit approuvé. La France, moteur historique de l’Europe doit être fière de participer à cette grande aventure.

 

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