Dimanche 22 mai 2005 7 22 /05 /2005 00:00

“Tout, tout de suite!” Tel semble être le credo d'un certain nombre d'adversaires du traité constitutionnel. “Pas assez social”, disent-ils souvent. Mais est-il possible d'avoir mieux, maintenant?

La construction européenne s'est toujours fait à pas comptés. Par le marché intérieur d'abord: en mettant en commun le charbon et l'acier (CECA, 1951), matières premières de la guerre puis, progressivement, en abaissant les barrières douanières intérieures et en créant un grand marché qui a rendu nos économies inter-dépendantes et solidaires (Acte unique, 1985). C'est ainsi que l'Union est devenue la première puissance économique et commerciale du monde.

Dans le domaine financier, souvenons nous des longues années qui ont séparé la création du Système Monétaire Européen (SME) dans les années 1970 et la mise en circulation de l'Euro: il a fallu, doucement, faire converger un certain nombre de critères, rapprocher des politiques que chaque état conduisait indépendamment depuis des siècles... Ce n'est pas simple, ni techniquement, ni politiquement! On avait chacun notre monnaie, on s'est donné des objectifs communs, puis on a créé une monnaie commune, et enfin une monnaie unique (Traité de Maastrich, 1992). Et le premier janvier 2002, l'Euro arrivait dans nos poches!

Aujourd'hui, nous posons les premiers jalons de l'Europe sociale. Pour la première fois, ce traité cite, parmi les objectifs de l’Union, le plein emploi et un haut niveau de protection sociale (art. 3), et surtout il intègre la Charte des Droits Fondamentaux (Partie II) qui garantie à tous les peuples d’Europe un socle commun de droits sociaux. Alors, certains voudraient dès maintenant, prévoir l'uniformisation. Réflexe égalitaire français... Mais est-ce bien réaliste?

Les situations à travers l’Europe sont très diverses, et les cultures en matière sociale sont très disparates. Beaucoup d’états tels la Grande-Bretagne et un certain nombre de pays de l’Est sont très attachés à des modèles libéraux, dans lequel chacun se prend en charge. A contrario, en France, en Allemagne, en Scandinavie, nous cultivons la culture de “l’état-providence”.

Alors uniformiser? Oui, mais sur quel modèle?

Soit on nivelle par le bas, c'est à dire en s'alignant sur les politiques sociales les plus faibles. Cela signifierait de très nets reculs en France notamment, avec de très fortes diminutions de salaires. Inacceptable.

Soit on nivelle par le haut, c'est à dire en s'alignant sur les pratiques Française, Suédoises, Allemandes.... Dans ce cas, on ruinera immédiatement les économies notamment des pays de l'Est qui n'auront pas dans l'immédiat, les moyens de suivre. Inacceptable également.

Le traité laisse donc à chaque état, dans l’immédiat, le soin de gérer sa propre politique sociale. Mais ce traité n'est pas un point final. C'est le début d'une nouvelle étape, d'un long chemin, qui nous verra, avec réalisme, faire converger nos modèles et nos pratiques.

Chaque chose en son temps. La politique des petits pas vaut sûrement mieux que celle des grandes ruptures! Ainsi se construit l'Europe depuis cinquante ans... Ne brisons pas cet élan.

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Lundi 16 mai 2005 1 16 /05 /2005 00:00

Dans le débat sur l'adoption de la Constitution Européenne, chacun est appelé à se forger sa propre opinion. Cela n'empêche pas de se référer à un certains nombres de personnes et d'organisations de référence. Petit état des lieux des OUI, et des NON...

L'EGLISE: j'ai entendu dire certain (Ph de Villiers pour ne pas le nommer), que puisque le Cardinal Ratzinguer avait regretté l'absence des "racines chrétiennes" de l'Europe dans le préambule de la Constitution, et qu'il s'était également prononcé contre l'entrée de la Turquie, Benoît XVI était contre l'adoption de ce texte. Je pense que nous sommes nombreux à partager ces deux prises de positions. Mais cela ne nous empêchera pas de voter OUI: faire mention des racines chrétiennes dans le préambule, c'était reconnaître l'Histoire, ne pas le faire figurer ne revient pas à la nier! Quant à la Turquie, on est complètement hors sujet, et construire une Europe plus politique, plus intégrée, plus forte, est sûrement le meilleur moyen pour inciter la Turquie elle même à se demander si c'est bien cela qu'elle souhaite!

Par contre, et sans extrapoler, on peut affirmer que le Conseil des Eglises Chrétiennes de France (regroupant Catholiques, Protestants et Orthodoxes), s'est prononcé en faveur du texte, tout comme la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE, www.comece.org ). On peut donc dire : plutôt OUI !

LES SYNDICATS EUROPEENS : 76 organisations, regroupés au sein de la Conférence Européenne des Syndicats (www.etuc.org) ont appelé à approuver ce traité. En effet, dans de nombreux pays, la Charte des Droits fondamentaux (partie II du texte), viendra renforcer des droits sociaux bien moins étendu qu’en France. Pour les syndicats européens, c’est OUI !

Il n’y a guère que notre CGT nationale, et sa sœur, FO, tenues par les nostalgiques de Staline ou de Trotsky qui préconise le NON !

 

Les organisations agricoles : FNSEA, JEUNES AGRICULTEURS… les positions sont claires : c’est OUI ! Sans l’Europe, il y  longtemps qu’il n’y aurait plus un agriculteur en France. La Politique Agricole Commune (PAC) les a sauvé. En Europe, la PAC a de nombreux adversaires, et la France est bien celle qui la défend le plus ardemment. Le gouvernement a réussi à obtenir une nouvelle pérennisation du dispositif, qui figure d’ailleurs dans la partie III de la constitution. Si demain la France  fait capoter le traiter, la PAC, et donc les agriculteurs en seront les premières victimes.

 

Alors, quel poids donner à José Bové, et sa Confédération Paysanne, éternels défenseurs d’un modèle agricole tout droit sorti du XIXeme siècle, non économiquement viable, incompatible des exigences sanitaires et de traçabilité actuelles, quand il appelle à voter NON ? Passons

 

LES PARTIS POLITIQUES : d’un coté, pour le OUI le PS, l’UDF, les Verts, l’UMP, les radicaux ; Giscard d’Estaing, Delors, Veil, Badinter, Barre, Jospin, Bayrou, Rocard, Sarkozy, Cohn-Bendit…

De l’autre, pour le NON, LO, le FN, la LCR, le MNR, le PCF, le RPF, le MRC, le MPF, et autres officines confidentielles. Laguiller, Le Pen, Besancenot, Megret, Pasqua, Chevenement, Boutin, Buffet, de Villiers, Emmanuelli…

 

Moi, c’est clair, c’est OUI ! Et VOUS ?

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Dimanche 8 mai 2005 7 08 /05 /2005 00:00

8 mai : fin de la seconde guerre mondiale, 9 mai, journée de l’Europe : le calendrier juxtapose ces deux dates, si opposées, mais si complémentaires.

 

L’horreur absolue, l’extermination érigée en objectif de gouvernement, la guerre née de la guerre… Jamais l’histoire de l’Europe n’avait connu de page aussi sombre. Il Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitulait, mettant un terme à ce drame.

 

Cinq ans après cette capitulation qui laissait l’Europe exsangue, Maurice SCHUMAN, dans son discours du 9 mai 1950 lançait l’idée d’une Europe réconciliée et uni :

 

« L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble: elle se fera par des réalisations concrètes - créant d'abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l'opposition séculaire de la France et de l'Allemagne soit éliminée: l'action entreprise doit toucher au premier chef la France et l'Allemagne.

 

Dans ce but, le Gouvernement français propose de porter immédiatement l'action sur un point limité mais décisif :  Le Gouvernement français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande de charbon et d'acier, sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe.

 

La mise en commun des productions de charbon et d'acier assurera immédiatement l'établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. »

 

C’est de ce discours qu’est née notre Europe ! Voilà pourquoi l’Europe s’est d’abord intéressée à l’économie et au marché intérieur : en rendant profondément interdépendantes nos économies nationales, on scellait la paix, si ce n’est dans les cœurs, au moins dans les portefeuilles ! Aujourd’hui, la paix est ancrée dans nos cœurs, et il est temps de donner à l’Europe d’autres dimensions. En premier lieu, il faut la rendre plus transparente, plus démocratique.   C’est ce que permettra de faire la constitution.

 

L’Europe a besoin de notre Oui !

 

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Dimanche 24 avril 2005 7 24 /04 /2005 00:00

La constitution qui est soumis à notre vote dans quelques jours peut sembler longue. Cette longueur tient en fait à la partie III, qui reprend l’ « acquis communautaire », issu des précédents traités. Cette partie s’applique déjà et continuera à s’appliquer, quelque soit le résultat du référendum. Par contre les parties I et II, réellement nouvelles, sont propres à cette constitution. Et le court préambule, reproduit ci dessous, placé en tête du texte permet, à lui seul, de comprendre le sens et les enjeux de cette constitution.

 

« S’inspirant des héritages culturels, religieux et humaniste de l’Europe, à partir desquels se sont développées les valeurs universelles que constituent les droits inviolables et inaliénables de la personne humaine, ainsi que la liberté, la démocratie, l’égalité et l’état de droit ;

« convaincus que l’Europe, désormais réunie au terme d’expériences douloureuses, entend avancer sur la voie de la civilisation, du progrès et de la prospérité, pour le bien de tous ses habitants, y compris les plus fragiles et les plus démunis ; qu’elle veut demeurer un continent ouvert à la culture, au savoir et au progrès social ; et qu’elle souhaite approfondir le caractère démocratique et transparent de sa vie publique, et œuvrer pour la paix, la justice et la solidarité dans le monde ;

« persuadés que les peuples d’Europe, tout en restant fiers de leur identité et de leur histoire nationale, sont résolus à dépasser leurs anciennes divisions et, unis d’une manière sans cesse plus étroite, à forger leur destin commun ;

« assurés que « unis dans la diversité », l’Europe leur offre les meilleures chance de poursuivre, dans le respect des droits de chacun et dans la conscience de leurs responsabilités à l’égard des générations futures et de la planète, la grande aventure qui en fait un espace privilégié de l’espérance humaine ;

« résolus à poursuivre l’œuvre accomplie dans le cadre des traités instituant les Communautés européennes, en assurant la continuité de l’acquis communautaire ;

« reconnaissants aux membres de la Convention européenne d’avoir élaboré le projet de cette Constitution au nom des citoyens et des Etats d’Europe ;

 

[les chefs d’Etats ont désignés leurs plénipotentiaires ]

 

« Lesquels, après avoir échangés leurs pleins pouvoirs reconnus en bonne et due forme, sont convenus des dispositions qui suivent »

 

 

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Lundi 11 avril 2005 1 11 /04 /2005 00:00

« Santo subito » pouvait-on lire sur les banderoles brandies pendant les obsèques de Jean-Paul II. « Saint tout de suite ! » C’est bien ce que réclamait ces « manifestants » de la place Saint-Pierre. Depuis, la pression est montée, les appels se sont multipliés, et on lit ici ou là qu’au sein même du collège des cardinaux, une pétition circulerait réclamant une canonisation rapide. Et certains, à l’intérieur même de l’Eglise, évoquent ouvertement une canonisation dans l’année.

 

Or, que dit l’Eglise à propos de la canonisation, cette cérémonie qui permet d’accéder au statut de saint ? Tout d’abord, avant d’être déclaré saint, il faut être déclaré bienheureux. Cette étape, la béatification, ne peut intervenir qu’à l’issue d’un procès, procédure lourde et longue généralement de plusieurs années, parfois de plusieurs siècles, qui permet de s’assurer des mérites de la personne pressentie. Et parmi les éléments déterminants, on doit trouver un miracle réalisé par l’intercession de cette personne.

 

Mère Teresa, dont la sainteté paraissait évidente à tous a bénéficié d’une procédure accélérée. Et il s’est tout de même écoulée six ans entre sa mort et sa béatification !

 

Alors oui, Jean-Paul II sera sûrement béatifié, et très probablement canonisé. On n’aura probablement pas besoin de chercher beaucoup pour trouver des miracles pouvant servir à étayer sa cause. Mais est-ce une raison, une fois de plus, pour agir sous le coup de la précipitation et de l’émotion ? Ne peut-on pas, ne doit-on pas laisser quelques années à l’histoire pour mesurer avec recul son impact sur l’Eglise et sur le monde ?

 

Gageons que futur pape, éclairé par l’Esprit saint, ne brûlera pas les étapes !

 

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